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Easy Viewing, Le Module, St Laurent du Var. 7 mai - 17 juin 2010


Au début il y a le phantasme de se faire enfermer dans un supermarché la nuit, ensuite on devient artiste et on se dit qu'il serait encore plus fou de faire une expo la nuit dans ce même supermarché...

C'est dans ce sens que j'ai envisagé l'exposition Easy Viewing au Module, en imaginant que j'étais enfermé à Cap 3000 durant la nuit afin d'y monter une exposition.

Dans la réalité j'ai effectivement passé des heures tout seul avec la vue sur un parking désert et sombre, coupé du monde et pourtant au coeur du système commercial... mais j'ai surtout recomposé mon univers artistique avec des éléments trouvés sur place, ainsi que des magazines de mode, de musique, des gonflables, du papier alu, de la peinture acrylique blanche brillante et beaucoup de ruban adhésif.

J'aime raconter des histoires avec des éléments divers et variés qui trouvent leur origine dans ma vie de tous les jours. Je m'efforce de les détourner de leur utilité première pour créer une narration où l'on peut se retrouver et projeter sa propre imagination.

J'utilise des objets ou matériaux facilement identifiables et que tout le monde peut reconnaitre facilement. Cela installe entre mon travail et le "public" une zone de communication basée sur l'empirisme, la poésie et l'aptitude à se raconter des histoires ou à se servir d'une oeuvre d'art comme d'un écran à phantasmes.
Toutes les pièces ont été crées sur place et s'inscrivent dans la continuité de ma production personnelle.

Le grand collage plastifié au ruban adhésif, "Cartographie compulsive", représente un parcours imaginaire entre différents instants de consommation représentés par des logos.

Des personnages plus ou moins connus, eux mêmes renvoyant à une actualité des médias, apparaissent comme pour rythmer ce cheminement dans la consommation.

L'installation "Marée blanche" pourrait être vue comme un antidote à la pollution ambiante, imaginant qu'une marée blanche pourrait effacer en plusieurs coulures de baume réparateur toutes traces de marées noires...

Mais l'aspect coloré et faussement naïf ne doit pas faire oublier le potentiel tragique que peut révéler l'enfance et ses micro-drames relatifs au monde des jouets.

L'installation "Mythologie Ménagère" raconte l'histoire d'une chaise à remonter le temps capturée par une ménagère de plus de 50 ans. Cette chaise devenue prisonnière, métaphore de la vie domestique poussée à son paroxysme, a pris du du ventre à la suite de sa détention.
C'est aussi un clin d'oeil à la Factory d'Andy Warhol qui dans sa première version était entièrement tapissée d'aluminium.

Le "Sarcophobic Dead Cat" est une installation mortuaire "fun" évoquant les jeux d'enfants qui invoquent l'idée de la mort pour mieux s'en affranchir.

Enfin, "What you see is what you get" reprend le système du détourage/collage de magazines pour recréer une société de gens riches ou célèbres, avec comme but pictural de créer une impression de jaillissement au coeur même d'une étoile, elle même symbole de célébrité et d'inaccessibilité.

La présence de l'aluminium plastifié au ruban adhésif évoque le côté fragile, malléable et éphémère de l'univers de consommation dans lequel et pour lequel nous vivons.

Denis Brun 2010.